P.G.R.O. (La Psychothérapie Gestaltiste des Relations d’Objet) ou Psychothérapie du lien

Gilles Delisle, psychologue québécois, est le fondateur de la PGRO. Sa thèse parue en 1998 sous le titre La Relation d’objet en Gestalt-thérapie est basée sur le constat que la Gestalt-thérapie de Perls, Goodman et Hefferline (1951), centrée sur la notion de la croissance et de la santé de la personne, considère peu ou pas la genèse de la pathologie et n’intègre pas une théorie de développement psycho-affectif de l’enfant – un éclairage clinique essentiel manquant. La Gestalt étant une théorie du processus, tend à limiter la psychopathologie à des phénomènes de la frontière-contact. Selon Delisle cela néglige l’interpersonnel et l’intersubjectif, sous-estime l’importance des processus inconscients dans la pathologie et il y manque un cadre conceptuel pour comprendre la dynamique transférentielle.

Par sa relecture de son ouvrage fondateur, Delisle note les affinités de la Gestalt avec la pensée psychanalytique de l’École britannique des relations d’objet qui contient un foisonnement de connaissances théoriques sur le développement psychique de l’enfant et de la pathogenèse. Il propose donc une « ouverture multimodale » sur des auteurs tels que Melanie Klein, Ronald Fairbairn et Donald Winnicott parmi d’autres.

La P.G.R.O. est donc née de l’intégration de certains concepts de l’École britannique des relations d’objet – d’où le nom – à la Gestalt-thérapie ; aujourd’hui s’y rajoutent l’éclairage des neurosciences affectives à travers les travaux d’Allan Schore, Louis Cozolino et Peter Fonagy (croissance neuronale, la dynamique des mémoires, la dynamique affective et la régulation affective).

Une métaphore pourrait aider à expliciter la conception de Delisle des pathologies de la personnalité : un nourrisson va ingérer du lait, et avec cet indispensable nourriture il n’a le choix que d’avaler aussi quelques goûtes toxiques. Cela est intolérable mais il lui est impossible de faire autrement s’il souhaite survivre. Sitôt Il va inconsciemment reproduire des situations et des liens où le bon contient nécessairement quelque chose d’intolérable. Ce sont de telles situations inachevées – comme des kystes nommés « microchamps introjectés » – qui contaminent à répétition les expériences de la personne.

Lors des séances thérapeutiques trois modes relationnels se déploient afin de dévoiler ces introjects : La relation transférentielle (là où se produisent à répétition les impasses et les situations inachevées) ; la relation herméneutique (la création à deux – thérapeute et client – du sens et de la reconnaissance des racines des situations inachevées) ; la relation réelle (permettant la réparation). Pour rester dans la métaphore, le patient apprend qu’il peut enfin faire l’expérience de la bonne nourriture uniquement. Un exemple serait de créer des liens sains sans qu’il y ait ajout de l’insupportable : « je peux prendre du plaisir sans me faire de mal ».

 

Monica Levert


 

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